mars 1, 2020

Comment la méditation influe-t-elle sur notre façon d’apprendre ?

Par nemar 3

Quel est l’effet de la méditation sur notre cerveau et notre apprentissage ? De nombreuses anecdotes et certaines études suggèrent que la méditation peut être un outil puissant pour la santé mentale et physique. De nouvelles recherches montrent qu’elle peut avoir un autre avantage : nous aider à apprendre plus rapidement des expériences passées.

D’après des recherches relatives aux bienfaits de cette pratique, la méditation est capable de modifier la façon dont nous apprenons.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université de Surrey au Royaume-Uni se sont concentrés sur un type particulier de méditation — la « méditation focalisée sur l’attention » — et ont essayé de voir à quel point elle affecte la façon dont une personne apprend.

Cette pratique de méditation exige qu’une personne concentre son attention sur un objet particulier — une bougie allumée ou son propre souffle, par exemple — et maintienne cette concentration pendant un certain temps (apprendre comment commencer la méditation ici).

Les gens utilisent souvent la méditation de concentration de l’attention comme une passerelle vers d’autres types de méditation, car il est plus facile à apprendre et à pratiquer.

« La méditation est un outil puissant pour le corps et l’esprit ; elle peut réduire le stress et améliorer la fonction immunitaire » explique le coauteur de l’étude, Prof. Bertram Opitz.

Mais peut-elle également nous aider à former nos esprits de manière à nous permettre d’apprendre plus rapidement à partir des commentaires ou des informations acquises au cours des expériences passées ?

Les Professeurs Opitz et Paul Knytl, de l’Université de Surrey, suggèrent que la réponse à cette question est « oui ».

Apprendre de nos expériences positives VS les expériences négatives

Les chercheurs ont travaillé avec des personnes qui méditaient et des personnes qui ne le font pas. Il y avait au total 35 participants, dont neuf identifiés comme méditants bouddhistes, 12 pratiquaient la méditation dans un contexte séculier, deux pratiquaient le Qi Gong et les autres non-méditants.

Pour mener cette étude, les enquêteurs ont formé les participants pour bien se débrouiller dans une activité dans laquelle ils devaient sélectionner des images qui étaient les plus susceptibles de leur apporter une récompense particulière.

Dans cet exercice, les participants ont vu des paires d’images, chacune avec différentes probabilités d’apporter une récompense si elle était sélectionnée.

Les chercheurs ont remarqué que ceux qui pratiquaient la méditation avaient un taux de réussite plus élevé dans le choix des images associées aux récompenses que leurs pairs non-méditants.

Ceci, nous expliquent les Prof. Opitz et Knytl, suggère que les méditants ont tendance à apprendre des résultats positifs, tandis que les non-méditants apprennent très probablement des résultats négatifs.

« Les humains méditent depuis plus de 2 000 000 ans, mais les mécanismes neuronaux de cette pratique sont encore relativement inconnus », explique Knytl, qui se spécialise dans les mécanismes neurologiques associés à la méditation de concentration.

« [nos constatations actuelles] démontrent que, de manière approfondie, les personnes qui méditent réagissent aux commentaires de manière plus impartiale que les non-méditants, ce qui peut aider à expliquer certains des avantages psychologiques qu’ils tirent de la pratique », ajoutent-t-ils.

L’effet de la méditation sur le cerveau

Dans la nouvelle étude, l’équipe a également mesuré l’activité cérébrale des participants au cours de leurs tâches en utilisant des électroencéphalogrammes (EEG) ; une méthode qui enregistre l’activité électrique dans le cerveau d’une personne.

Les EEG ont montré que bien que tous les participants aient répondu de la même manière à une rétroaction positive pendant l’exercice ; ceux qui n’ont pas médité ont eu une réponse plus intense à la rétroaction négative que les méditants.

Parmi les participants qui ont médité, ceux qui ont la réponse la plus faible aux commentaires négatifs étaient les praticiens les plus expérimentés.

Knytl et Prof. Opitz pensent que la méditation régulière peut avoir un impact sur les niveaux de dopamine, qui est un neurotransmetteur qui joue un rôle important dans la régulation de l’humeur et l’agilité physique, entre autres. Cela, à son tour, peut rendre les méditants moins sensibles aux commentaires négatifs.

Les scientifiques notent également que des recherches antérieures ont montré que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson — qui ont des niveaux de dopamine beaucoup plus faibles que la normale — avaient tendance à ne pas bien performer dans les tâches d’apprentissage qui les obligeaient à répondre à des commentaires positifs.

« Ce que nous avons découvert, c’est que [la méditation] peut […] avoir un impact sur la façon dont nous recevons les commentaires, c’est-à-dire si nous apprenons rapidement de nos erreurs ou si nous devons continuer à les faire avant de trouver la bonne réponse. » Prof. Bertram Opitz

Si c’est le cas [alors] cela peut avoir un impact sur la performance des individus sur lieu de travail ou en classe. Ces personnes peuvent bénéficier de la méditation pour augmenter leur productivité ou leur éviter à prendre du retard dans leurs études.